Le 28 mai dernier, l’Assemblée nationale a accueilli la Matinale économique organisée par les Journées de l’Économie (JECO), avec la présence de la Présidente Madame Yaël Braun-Pivet.
Cette matinée a été marquée par deux temps forts : la remise des Prix AFSE récompensant les meilleurs ouvrages d’économie destinés aux étudiants et une table ronde consacrée à un sujet qui nous concerne tous : l’impact des réseaux sociaux sur l’information, l’économie et la démocratie.
Les Prix AFSE : valoriser la recherche et la transmission des savoirs
La première partie de la matinée a mis à l’honneur les chercheurs et les auteurs qui contribuent à rendre l’économie accessible aux étudiants et au grand public.
Les lauréats des Prix AFSE 2025 sont :
- Wladimir Andreff pour Sport et économie au XXIe siècle (La Découverte)
- Lucas Chancel pour Énergie et inégalités : une histoire politique (Seuil)
- Mathieu Couttenier pour L’Économie de la violence (Les Léonides)
- Catherine Virlouvet et Pierre-Cyrille Hautcoeur pour Une histoire économique et sociale (Passés Composés)
Cette initiative illustre l’importance de la transmission des connaissances dans un monde où l’accès à une information fiable devient un enjeu majeur.
La présidente a rappelé la nécessité de soutenir la recherche, de favoriser l’innovation numérique et de renforcer la formation afin d’accompagner les profondes mutations économiques et technologiques en cours. Elle a également souligné que les défis liés à la désinformation dépassent aujourd’hui les frontières nationales et nécessitent des réponses à l’échelle européenne, voire mondiale.
Les réseaux sociaux : nouvel ordre ou nouveau désordre économique ?
Animée par Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Échos, la table ronde a réuni :
- Arthur Delaporte, député du Calvados
- Emeric Henry, professeur d’économie à Sciences Po
- Laurent Marcangeli, président du groupe Horizons et apparentés
- Anne Perrot, Inspection générale des finances
Les échanges ont permis d’aborder l’impact croissant des réseaux sociaux sur la circulation de l’information, le modèle économique des médias traditionnels, les comportements des utilisateurs et la qualité du débat démocratique.
Une donnée a particulièrement marqué les discussions : une fausse information se diffuserait jusqu’à six fois plus vite qu’une information vérifiée.
À l’heure où chacun peut produire, partager et commenter du contenu en temps réel, cette réalité soulève des questions essentielles sur la responsabilité des plateformes numériques et la capacité des citoyens à distinguer les sources fiables des contenus trompeurs.
Un enjeu de santé publique, économique et démocratique
Les intervenants ont partagé un constat commun : les réseaux sociaux ne constituent plus seulement un sujet technologique.
Ils sont devenus un enjeu de santé publique, un enjeu économique et un enjeu démocratique.
Les mécanismes de viralité, la diffusion de la désinformation, les phénomènes d’addiction chez les plus jeunes ou encore l’affaiblissement du modèle économique de certains médias sont autant de défis auxquels les pouvoirs publics et les acteurs du numérique doivent répondre.
Pour autant, les échanges ont souligné qu’il ne s’agit pas d’opposer innovation et régulation.
L’objectif n’est pas de supprimer les réseaux sociaux ni de freiner le progrès numérique, mais de construire un cadre permettant de préserver les bénéfices de ces outils tout en limitant leurs effets les plus nocifs.
Pourquoi la confiance est devenue un enjeu stratégique ?
Au-delà des débats économiques et politiques, cette matinée a mis en lumière une réalité qui concerne aujourd’hui les organisations, les entreprises, les institutions et les dirigeants : la confiance est devenue un actif stratégique.
Dans un environnement où l’information circule instantanément, la crédibilité se construit chaque jour.
Une information erronée, une prise de parole maladroite ou une communication incohérente peuvent rapidement fragiliser une réputation.
À l’inverse, la transparence, la cohérence et la qualité de la communication renforcent durablement la confiance.
Cette évolution concerne autant les acteurs publics que les entreprises et leurs dirigeants
Réputation, influence et image professionnelle à l’ère numérique
Les débats organisés lors de cette Matinale économique résonnent particulièrement avec les enjeux d’image professionnelle et de réputation auxquels sont confrontés les décideurs.
Aujourd’hui, la visibilité ne suffit plus.
Il est essentiel de construire une présence cohérente, crédible et alignée avec ses valeurs.
La réputation se façonne à travers les prises de parole, les contenus diffusés, les interactions sur les réseaux sociaux mais aussi à travers la posture professionnelle adoptée dans chaque situation.
Pour les dirigeants, les experts et les entrepreneurs, l’influence repose désormais autant sur l’expertise que sur la capacité à inspirer confiance.
Suivre les événéments JECO :
https://www.journeeseconomie.org/